Histoires d’écriture » — Épisode 1 : Côme, 7 ans, écrivait beaucoup trop lentement
Dans la série « Il n’y a pas une difficulté d’écriture, mais des difficultés d’écriture », aujourd’hui, je vous présente Côme.
Côme a 7 ans et est en CE1.
Lorsqu’il vient me voir, écrire lui demande énormément d’efforts. Il sait ce qu’il veut écrire, mais son geste ne suit pas : ses lettres ne sont pas encore suffisamment automatisées et il avance très lentement.
Lors de notre première évaluation, Côme écrit 14 lettres par minute. Et surtout, il a mal au poignet lorsqu’il écrit.
Il rencontre également une autre difficulté, moins visible : lorsqu’il copie un texte, il ne mémorise qu’environ une lettre à chaque regard. Il doit donc sans cesse faire des allers-retours entre le modèle et sa feuille. Copier devient long, fatigant et coûteux en attention.
Six séances plus tard…
Côme écrit 25 lettres par minute. Sa vitesse a presque doublé.
Mais ce n’est pas le seul changement.
Ses lettres sont mieux formées, son geste est davantage automatisé et ses stratégies de copie ont considérablement évolué. Il peut désormais mémoriser beaucoup plus d’informations avant de revenir au modèle.
Et surtout : il ne se plaint plus d’avoir mal lorsqu’il écrit.
Son écriture n’a pas simplement « embelli ». Elle est devenue plus fonctionnelle pour l’école.
Et si votre enfant ressemblait un peu à Côme ?
Un enfant qui écrit lentement n’est pas forcément un enfant qui « ne fait pas d’efforts ».
Il peut savoir parfaitement ce qu’il veut écrire et pourtant consacrer une telle quantité d’attention au geste graphique qu’il lui reste moins de ressources disponibles pour le reste.
Si votre enfant met beaucoup de temps à copier, termine difficilement son travail, regarde sans cesse le modèle, semble épuisé par l’écriture ou se plaint de douleurs, cela mérite que l’on cherche à comprendre ce qui le freine.
Derrière la phrase — « Il est lent à l’écrit » — peuvent se cacher des difficultés très différentes.
Dans le prochain épisode : Inès.
Elle, au contraire, écrivait très vite. Trop vite.
Et le travail n’a pas consisté à l’accélérer… mais à lui apprendre à ralentir suffisamment pour retrouver une écriture lisible et confortable.